Juin 2017

 

Chers tous, salut à vous,

Le bateau a été retrouvé dans le même état où nous l’avions laissé. Parfaitement gardé et conservé, au sec et au froid !

Donc la remise à l’eau a pu se faire, météo aidant, 2 jours après mon arrivée. Ensuite, réarmement, rangement, remise en état de fonctionnement. Du classique, donc.

Evelyne est arrivée comme prévu le jeudi 1er juin et le lundi nous partions. Depuis on fait du moteur, soit peu de vent, soit plus, mais toujours de nord ; alors pour naviguer entre les cailloux.

Donc nous avons réussi à monter vers le nord. Ce vendredi après-midi, nous venons de passer le cercle polaire. Sous un ciel bleu. Mais pas sûr que nous profitions du soleil de minuit, car le port de Sissimiut (2éme grande ville du Groënland, 5263 habitants en 2014)) où nous arrivons ce soir, n’a pas d’horizon au nord.

Nous nous sommes fait coincer 4 jours, par des avis de coups de vent ! Mais nous avons trouvé les bons abris, au fond de petits fjords, près de petits lacs (qui charrient des limons ce qui assure de bonnes tenues d’ancre) avec des ombles chevaliers, qui dorénavant agrémentent notre quotidien.

Nous vous savons souffrir de la chaleur. Nous n’en sommes pas jaloux mais on partagerait bien un peu…

Il y a 5mn, on était au moteur sans vent. Et nous voilà, toujours au moteur, mais avec 20 nœuds de vent dans le nez. Nous arriverons plus tard à Sissimiut. Mais ce qui est sûr, c’est que nous arriverons de jour. D’ailleurs, ça fait maintenant plus de trois semaines que nous n’avons pas vu de nuit !

Ce qui n’empêche pas de dormir sur nos deux oreilles. Sauf quand les glaçons des lacs qui dégèlent viennent racler la coque toute la nuit.

NB : Ce qui n’est pas dit :

mardi 13 juin, après 3 jours idylliques au fond du fjord d’Isortok où Jean-Claude a pu exercer son talent de pêcheur d’omble chevalier, nous partîmes une première fois pour Sissimiut, par les canaux intérieurs.

Avec le vent montant, la marée descendante et la faiblesse des fonds, sans parler de l’imprécision des cartes, nous prîmes la décision d’aller au large pour continuer la route. Nous nous retrouvâmes dans une mer forte, moteur peinant à 2 nœuds. Le capitaine, m’exposant la situation, suite à un avis de coup de vent qui venait de tomber sur le navtex, nous décidâmes d’un commun accord de revenir sur nos pas pour aller au fond du fjord Iserquk, où 2 mouillages étaient possibles, mais, à notre grande surprise, celui de gauche était pris par les glaces, celui de droite fut un véritable havre de paix.

Après un deuxième avis de coup de vent, nous restâmes jusqu’au vendredi 16 au fond du fjord et partîmes ce jour pour Sissimiut, en espérant arriver à slalomer entre le chapelet de cailloux invisibles qui nous attendait. Ce fut alors des moments très chauds, par froid intense, où je restais les yeux rivés sur le sondeur  tandis que JC négociait les virages. Ouf nous réussîmes, par néanmoins 20 nœuds de vent. Le vent tombe, ciel bleu, soleil, on y croit, on se voit déjà arrivés à Sissimiut à 20 heures.

Mais le vent se leva et nous n’arrivâmes qu’à 23h30, en plein jour naturellement. Pour finir, apéro, apéro.

Bon, évidemment tout ne se passa pas comme prévu, au niveau connexion.

Donc pas de mel !

Il aura fallu attendre une semaine. Nous sommes aujourd’hui dimanche 25 à Aasiaat. Juste au sud de la baie de Disco.

Nous avons dû attendre encore un peu que les vents mollissent et avons continué au moteur, jusqu’ici. Depuis deux jours les icebergs sont partout. C’est assez magique. Il nous manque des idées poétiques pour pouvoir donner un nom qui évoque chacun d’eux. D’autant que leurs formes se modifient en permanence  en fonction du point de vue, qui change à la vitesse de notre moteur.

Ce soir au menu foie de morue et morue. Demain, baleine. Pour les autres !

Nous prévoyons de passer cette semaine dans cette Baie de Disco avec son célèbre glacier et ses énormes icebergs, avant d’envisager de repartir vers le sud, avec du vent portant, on espère, et retrouver un peu de chaleur et donc les…moustiques !!!

Dimanche 2 juillet

L’envoi du courriel précédent s’est fait à la hussarde. Je ne sais ce qui est parti et pas trop non plus à qui. On va corriger ça, mais avec peut-être des répétitions pour certains-es.

Car nous sommes à Ilulissat, qui s’avère être un haut lieu touristique, peut-être le seul du Groenland, du fait de la proximité du glacier « Jakobhavns Isjord » autrement dit Kangia en langue locale. Le glacier qui coula le Titanic !

Donc grand-hôtel de luxe, donc internet facile. Et si ça ne marche pas, on corrigera à notre retour.

Pour vous dire que c’est un haut lieu, nous n’avons jamais croisé autant de voiliers. D’abord le WHY, de l’expédition « Under the Pole », à qui nous avions confié à Concarneau du matériel qu’il nous a déposé à Paamiut que donc nous récupérerons en redescendant, puis ODO voilier allemand en alu de 10m, un ketch en acier polonais qui emmène des grimpeurs faire une paroi de 1000m près d’Uummannaq, région qui vient de subir un glissement de terrain suivi d’un tsunami qui a ravagé au moins un village et fait au moins 2 morts. Tous ces voiliers amarrés ensemble, avec nous au milieu, à quai, gênant tous les pêcheurs locaux qui ne manifestent aucun agacement, ni ne revendiquent aucune préséance quant à l’accès à leurs équipements à terre. Ensuite POLSKY HAK, superbe yacht de charter de luxe de 30m rencontré à proximité du glacier côté sud, dont la skipper française nous a donné quelques tuyaux de mouillage, et un cubi de vin portugais tant on paraissait en état de manque.

On ne sait comment c’est au pôle nord, mais on n’a jamais autant vu de voiliers qu’ici.

D’ailleurs, au pôle nord nous n’irons pas, puisque nous avons atteint notre latitude nord maxi hier : 69°22.  Maintenant on va plutôt redescendre.

Mais monter jusqu’ici ça vaut vraiment la peine. Je me souviens de l’année dernière, sur la côte nord du Québec, le premier iceberg, comment on était impressionnés, comment on en a fait le tour, respectueusement, le photographiant sous toutes les coutures, comment Evelyne  s’est refusée de sortir le voir…

Et là, on se balade au milieu de glaçons qui ne rentrent même pas dans l’objectif grand-angle ! On slalome entre formes, couleurs, falaises, arches, pistes de ski, clochers, arcs d’humilité; On fixe, on filme, on photographie, on se répète, on recommence,  quel spectacle, quel privilège, quelle rare beauté, quelle chance ! Traverser le déversoir d’un glacier tel que celui-là, n’est pas rien, vraiment…

Ce matin l’équipage s’est réduit à 3 personnes. Cécile et Romain sont montés dans le taxi accompagnés par quelques flocons de neige en souvenir. La neige, la larme des anges, parait-il au pays d’Islande.

Aujourd’hui, donc, escale technique au programme, douche, lessive, internet… ensuite, ce soir ou demain l’ile de Disco, dont le sud est parait-il très beau (mais qu’est-ce qui ne l’est pas?), avant de piquer au sud, par le large plus exempt de glace, dès que se présente un vent favorable pour notre prochain RV à Nuuk le 12 juillet, avec quelques étapes néanmoins, pour taquiner l’omble au fond de quelques fjords ou quelques lacs.

Voilà.

Vous aurez donc compris que nous allons retourner dans un monde où l’accès à l’internet est un grand privilège que les Groenlandais ont peu de facilité à partager. Donc nos nouvelles vont rester rares, voire uniques. Quand nous attaquerons la côte est, on rentrera clairement dans un sanctuaire. Nous ne vous retrouverons donc pas avant l’Islande, ou même … à la maison.

Portez-vous bien.

On vous rapportera notre bonheur d’être ici. Chacun à sa façon !

Evelyne et Jean-Claude

 

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